Dans une récente vidéo partagée sur ses plateformes numériques, l’économiste et président du Parti des Démocrates pour l’Espoir, Dr Ousmane Kaba, a de nouveau abordé un sujet brûlant de l’actualité sociopolitique guinéenne : la crise de liquidités que traversent actuellement les banques commerciales du pays.
Durant cet enregistrement de 7 minutes et 32 secondes, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances a analysé en profondeur les causes et les conséquences de cette situation préoccupante, tout en esquissant des pistes de solution. Il a tenu à rassurer l’opinion publique en distinguant clairement l’illiquidité de l’insolvabilité.
« Lorsque les banques n’arrivent plus à satisfaire les besoins de retrait des clients, on dit que la banque est illiquide, » a expliqué Dr Kaba. « Évidemment, il ne faut pas confondre liquidité et l’insolvabilité. L’insolvabilité, c’est lorsque les banques font de mauvais crédits qui ne peuvent pas être remboursés et la banque tombe en faillite. On n’est pas du tout dans ce cas. Je ne voudrais pas que les gens soient alarmés. C’est une simple crise de liquidité, et ça existe souvent dans les économies. »
Comparant une banque à un « commerçant d’argent », il a détaillé les deux principales sources d’approvisionnement en liquidités : les dépôts des clients et les fonds obtenus auprès de la Banque Centrale. « Si les banques manquent d’argent, il faut voir ses sources d’approvisionnement, » a-t-il souligné.
« La banque a deux sources essentielles. Soit c’est les clients qui déposent leur argent au guichet de la banque sur leur compte, soit la banque s’approvisionne auprès de la banque centrale. » Il a précisé que la Banque Centrale agit comme la « banque des banques », où les banques commerciales déposent leurs fonds et peuvent obtenir des crédits (refinancement).
Dr Kaba a ensuite orienté son analyse vers le rôle crucial de la Banque Centrale dans cette crise.
« S’il y a manque de liquidité, voyons un peu ce qui se passe au niveau de la banque centrale. Il faut revoir toute la politique d’émission de la banque centrale, » a-t-il affirmé.
Il a soulevé des questions fondamentales :
Selon l’économiste, une cause fréquente de telles situations réside dans les dépenses de l’État : « Généralement, lorsque cela arrive, c’est parce qu’entretemps la banque centrale, qui est la banque de l’État, a fait trop de dépenses pour l’État, des dépenses non prévues. C’est ce que nous appelons dans notre jargon les dépenses extra-budgétaires. » Il a conclu en expliquant l’impact de ces dépenses non planifiées, particulièrement lorsque la masse monétaire est sous la surveillance d’institutions comme le Fonds Monétaire International (FMI) pour éviter l’inflation.
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