Joachim Baba Millimono sur la création de la DGE : « Une réforme électorale nécessaire face aux limites du dodèle CENI »

Une Réaction aux Critiques Politiciennes

Certains acteurs politiques dénoncent la création de la Direction Générale des Élections

(DGE) comme une tentative de verrouillage du processus électoral et

d’institutionnalisation de la fraude. Pourtant, une analyse objective des faits met en

lumière un point essentiel : l’ancien modèle de la CENI a prouvé son inefficacité et son

incapacité à garantir des scrutins transparents et apaisés.

La présence de représentants politiques au sein de la CENI n’a jamais été un gage

d’impartialité. Un exemple édifiant est celui de Hadja Bia DIALLO, belle-sœur de Cellou

Dalein Diallo, et de M. Bano SOW, vice-président chargé des affaires politiques de

l’UFDG. Tous deux ont occupé des postes de vice-présidents de la CENI, sans que cela

n’ait empêché leur parti (UFDG) d’être victime de décisions contestables orchestrées par

le système en place. Leur présence n’a pas suffi à instaurer une gouvernance

électorale véritablement équitable.

Quelle Alternative aux Dysfonctionnements tant décriés de la CENI ?

L’expérience guinéenne avec la CENI a révélé les limites du modèle hérité des transitions

démocratiques post-La Baule. Initialement conçue comme un outil de transparence, la

CENI s’est progressivement transformée en un levier partisan, miné par la gestion

opaque, les rivalités internes et la méfiance généralisée des acteurs politiques.

L’instauration de la DGE vise à corriger ces dérives en misant sur une gouvernance

électorale fondée sur la compétence technique et la neutralité institutionnelle, à

l’image des expériences réussies du Ghana, du Botswana, des Îles Maurice, du Cap-Vert

et du Sénégal.

La Guinée dispose d’un vivier d’experts capables d’assurer cette transition. Des

spécialistes tels que Pathé DIENG, dont l’expertise est reconnue bien au-delà des

frontières nationales, illustrent cette capacité. De nombreux accrédités Bridge peuvent

également contribuer à renforcer la crédibilité de la DGE : Mountaga SYLLA, Alpha

Issiaga DIALLO, Mamadi 3 Kaba, Mme Camara Djenabou TOURÉ, Mme Séraphine

KONDIANO, Amadou Macka DIALLO, Mohamed Cherif HAIDARA, Mme Kanny

SOUMANO, Sekou Naby CAMARA, Mamadou BARRY, ainsi que les nombreux semiaccrédités.

Loin d’être une manœuvre de verrouillage, la création de la DGE répond à un besoin

fondamental : assurer une gestion électorale rigoureuse, indépendante des querelles

partisanes.

La CENI a démontré, au fil des élections de 2010 et 2020, son incapacité à inspirer

confiance. L’opposition a dénoncé à plusieurs reprises des irrégularités graves, des listes  électorales controversées, des taux de participation jugés fantaisistes et des fraudes

dans certains bureaux de vote. En plus de son inefficacité manifeste, elle s’est révélée

être un organe budgétivore, drainant des ressources colossales sans garantir une

administration électorale crédible.

Face à ces constats, la mise en place de la DGE représente une opportunité historique

pour rompre avec ce modèle contesté et adopter une approche structurée et apaisée de

l’organisation des scrutins.

Bien entendu, la disparition de la CENI ne suffit pas à garantir une réforme efficace. Le

succès de la DGE dépendra de l’engagement ferme des autorités en faveur de la

transparence et du professionnalisme.

Des mesures concrètes doivent accompagner cette transition, notamment :

– Un processus de recrutement basé sur la compétence, tel que celui récemment initié

par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), avec

des appels à candidatures pour divers profils spécialisés (communication, gestion de

bases de données, logistique, suivi évaluation, etc.).

– Des mécanismes de contrôle neutres, impliquant des institutions indépendantes et des

observateurs impartiaux.

– Une gestion budgétaire rationnelle et efficace, pour éviter les dérives financières

constatées sous l’ancienne structure.

Contrairement aux craintes formulées par certains acteurs politiques, la DGE ne doit pas

être perçue comme une menace pour la démocratie, mais comme une réponse aux

failles du passé.

Si cette réforme est mise en œuvre avec RIGUEUR et SÉRIEUX , elle permettra à la Guinée

de s’aligner sur les modèles électoraux les plus performants du continent. Le véritable

enjeu est donc d’assurer l’indépendance effective de la DGE et de créer une institution

électorale véritablement qualifiée et responsable.

Un tournant décisif pour la démocratie guinéenne !

L’avenir nous en dira plus.

Joachim Baba MILLIMOUNO

Politologue

Membre du Bureau Exécutif de l’UFDG

Membre du Mouvement des Réformateurs de l’UFDG