À l’approche de la fête de l’Aïd El-Kebir, également appelée fête de Tabaski, les prix des moutons connaissent une hausse vertigineuse sur les marchés guinéens, notamment au grand parc à béliers de Kindia. Actuellement, le prix d’un mouton varie entre 3 et 5 millions de francs guinéens. Une situation alarmante pour de nombreux fidèles musulmans, soucieux d’accomplir ce devoir religieux malgré des moyens financiers limités.

Sur place, Amadou Bangoura, venu acheter un mouton pour la fête, exprime son désarroi après plusieurs heures de recherches infructueuses.
« Je suis ici depuis 8h du matin pour acheter un mouton, mais les prix sont exorbitants. Ça varie entre 3 et 5 millions de francs, alors que je n’ai qu’un million. Avec la conjoncture actuelle, c’est vraiment inquiétant. Pourtant, je dois immoler un bélier le jour de la fête, mais avec mes moyens limités, je ne peux rien faire. C’est vraiment déplorable », a-t-il déploré.
Du côté des vendeurs, Ahmed Tidiane Chérif explique cette flambée des prix.
« Les prix varient : il y a des moutons à 3 millions, 3,5 millions, jusqu’à 5 millions. Mais il faut comprendre que nous les achetons chers dans les villages. On doit aussi couvrir les frais de transport. S’il n’y a pas de bénéfice, on ne peut pas vendre à perte », a-t-il justifié.
Il ajoute que cette hausse est aussi liée à la spéculation et à la concurrence entre les vendeurs eux-mêmes.
« Certains éleveurs préfèrent venir vendre ici directement. Une fois qu’ils connaissent nos prix, ils augmentent les leurs dans les villages. Et avec le transport, les charges deviennent lourdes. Franchement, l’année dernière était un peu meilleure que celle-ci », conclut-il.

La conjoncture économique actuelle rend donc cette fête religieuse de plus en plus difficile à préparer pour de nombreuses familles.
Depuis Kindia, MC pour Lerenifleur224.com