Vague de retrait de permis miniers  ‘’Nous sommes ébranlés, mais nous faisons entièrement confiance en l’État guinéen’’ Ahmed Kanté réagit à une décision qui secoue le secteur

La vaste opération de retrait de permis miniers récemment engagée par le gouvernement guinéen continue de susciter de vives réactions dans le secteur extractif. Ce mercredi 21 mai 2025, dans les locaux de la Fédération Patronale des Guinéens du Secteur Minier (FEPAMGUI), l’ancien ministre des Mines et de la Géologie, Ahmed Kanté, aujourd’hui administrateur général de la société AGB2A-GIC, a exprimé ses inquiétudes mais également sa confiance dans les choix de l’État guinéen.

Face à la presse, M. Kanté a d’abord reconnu l’effet de choc provoqué par cette décision

« Quelque chose qui a ébranlé tout le monde a certainement ébranlé aussi l’investisseur, le promoteur minier que je suis », a-t-il affirmé, évoquant les plus de 300 millions de dollars d’investissements mobilisés par sa société, « pas en PowerPoint, pas en documentaire, mais en réalité », selon ses mots.

Il a insisté sur la solidité de son entreprise, présente sur le terrain, opérationnelle, et générant déjà des retombées significatives pour les caisses de l’État guinéen

« Nous sommes capables de rapporter à l’État plus de 50 millions de dollars par an supplémentaires », a-t-il martelé, tout en regrettant le retrait du permis d’Axis, une concession sur laquelle sa société opérait via une amodiation.

S’il concède à l’État sa souveraineté dans la gestion des titres miniers, Ahmed Kanté estime que justice serait rendue en réattribuant ce permis à son groupe, compte tenu de leur antériorité, de leurs performances, et de leur enracinement local

« Être à ce niveau de performance et aussi être Guinéen, ce sont des avantages, il me semble », a-t-il souligné, appelant implicitement à une politique de soutien aux champions nationaux.

Dans un parallèle explicite avec l’essor de figures industrielles comme le Nigérian Dangoté, il a rappelé le rôle déterminant de l’État dans la promotion des entrepreneurs locaux

« Ce sont les États qui ont créé les champions nationaux. (…) Sans Obasanjo, on n’aurait pas parlé de Dangoté », a-t-il déclaré.

En dépit de ses réserves et des questions soulevées par cette opération de retrait massif, Ahmed Kanté a tenu à conclure sur une note d’espoir et de loyauté vis-à-vis des autorités :

« Nous sommes ébranlés. Quelquefois, on se pose des questions. Mais, dans le fond, nous faisons entièrement confiance en l’État guinéen. Entièrement confiance. Parce que tous les actes que nous posons et toute notre activité va dans le sens de la refondation qui est le maître mot du CNRD. »

Une déclaration à la fois lucide et engagée, qui témoigne du climat d’incertitude mais aussi de l’attachement des acteurs locaux à accompagner la nouvelle orientation politique et économique du pays.

 

 

Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com