Une scène tragique s’est déroulée dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 mai 2025 dans la commune urbaine de Mamou, au quartier Pétel. Un nouveau-né de sexe féminin a été découvert au fond des latrines d’une concession familiale. L’enfant, extrait du trou dans un état critique et couvert d’excréments, a succombé quelques instants après sa sortie.
Selon les premiers éléments de l’enquête, la principale suspecte n’est autre que Djeinabou, une femme d’une trentaine d’années, déjà mère de cinq enfants. Elle aurait dissimulé sa grossesse à son entourage, y compris à son époux actuellement en séjour à Siguiri. Craignant que ce dernier découvre la naissance à l’approche de la fête de Tabaski, elle aurait choisi de se débarrasser du nouveau-né de manière tragique.
Kadiatou Bah, propriétaire de la concession où réside la mise en cause, revient sur les faits avec émotion

« Le samedi matin, je lui ai demandé si elle allait travailler. Elle m’a répondu qu’elle ne se sentait pas bien, et elle est restée couchée toute la journée. À mon retour vers 20 heures, la tante de mes enfants, venue de Pita, est arrivée. En allant aux toilettes, elle a entendu des cris de bébé. Nous avons aussitôt alerté les autorités. La gendarmerie est intervenue pour casser les toilettes. En remontant l’enfant, il respirait à peine. Il est malheureusement décédé sur le coup. »
Elle poursuit :
« Plus tard, la petite sœur de Djeinabou est venue sous prétexte de récupérer les enfants. En sortant, elle portait un caoutchouc. À l’intérieur se trouvaient des vêtements tachés de sang, ceux ayant servi à l’accouchement. J’ai immédiatement apporté le tout au chef du quartier. Pendant tout ce temps, je n’ai jamais soupçonné qu’elle était enceinte. »
La présumée auteure de cet infanticide a été interpellée par les forces de l’ordre et conduite à la gendarmerie, où elle est actuellement en garde à vue. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de ce drame.
Ce fait divers bouleversant soulève de nombreuses questions sur les conditions de vie des femmes, l’accès à l’éducation sexuelle, au suivi médical de grossesse, ainsi que le poids des pressions sociales et familiales. Ce drame vient rappeler l’urgence d’agir en faveur d’une meilleure prise en charge des grossesses non désirées et de renforcer les mécanismes de protection des enfants, dès leur naissance.
Par Alpha Keita, depuis Mamou pour lerenifleur224.com