Du plastique contre du riz : « Une mesure pragmatique, humaine et temporaire » estime Aliou Badra Cheickna Koné 

Dans la commune de Matam, l’opération lancée par le gouvernorat de Conakry continue de susciter des réactions diverses. Face aux critiques, notamment celles formulées par le Dr Kpoghomou, le président de la délégation spéciale de Matam apporte une mise au point nuancée et assumée.

Pour Aliou Badra Cheickna Koné, Président de la délégation spéciale de Matam, l’initiative d’échanger des déchets plastiques contre du riz est une « mesure pragmatique, humaine et temporaire », qui ne vise ni à instaurer une politique durable, ni à résoudre l’ensemble des défis liés à l’insalubrité.

« Il est réducteur de considérer qu’un sac de riz offert en échange d’un effort citoyen constitue une insulte à la dignité. C’est au contraire une marque de considération », affirme-t-il. À ses yeux, ce programme établit un lien intelligent entre deux urgences majeures : l’insalubrité croissante dans les quartiers de Conakry et la vulnérabilité économique de certaines couches de la population.

Le président de la délégation spéciale insiste sur le caractère volontaire de l’opération. «Contrairement à ce qu’affirme Dr Kpoghomou, cette démarche n’exclut nullement la liberté de choix. Il ne s’agit pas d’un programme imposé, mais d’une opportunité pour ceux qui souhaitent s’impliquer. » Selon lui, l’objectif est de susciter un engagement citoyen par une incitation tangible, dans un contexte de chômage massif et de précarité généralisée.

Il rappelle que le gouvernorat aurait pu rester passif, comme cela a souvent été le cas par le passé. « Or ici, il agit. Et surtout, il innove. » Pour lui, il est peu réaliste de compter uniquement sur des gestes bénévoles dans une société en difficulté. Il devient donc pertinent, voire nécessaire, d’introduire des mécanismes de motivation, en attendant des réformes structurelles plus profondes.

Enfin, loin de s’opposer au développement de filières durables de gestion des déchets, cette initiative pourrait au contraire en être le point de départ. « Cette opération peut être un déclencheur de conscience environnementale et d’engagement communautaire, dans un pays où les actes concrets pèsent souvent plus que les discours », conclut-il.

 

 

Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com