Un réseau de ravisseurs démantelé : trois suspects arrêtés après l’enlèvement de onze mineurs à Conakry

La Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) a procédé, ce jeudi 8 mai, à la présentation publique de trois individus suspectés d’être les auteurs de l’enlèvement et de la séquestration de onze mineurs dans la région du Grand Conakry. Cette opération fait suite à une enquête déclenchée le 5 mai dernier, après la plainte déposée par Mory Sangaré, chauffeur de profession, signalant la disparition de sa fille adoptive, Saran Sidibé, âgée de 17 ans.

 

 

Selon les explications fournies par la capitaine Rama Baldé, chargée de communication de la Direction Générale de la Police Nationale, le plaignant avait reçu un appel anonyme réclamant une rançon en échange de la libération de la jeune fille, portée disparue depuis le 4 mars. Les investigations ont conduit les agents à Simbaya, dans la préfecture de Dubréka, où les forces de l’ordre ont retrouvé les onze victimes ainsi que quatre tenues militaires suspectes.

Les premiers témoignages recueillis, notamment celui de Saran Sidibé, ont permis d’identifier les liens directs entre les suspects et les actes criminels en question. Les victimes ont révélé avoir été soumises à des traitements inhumains : isolement, violences physiques et psychologiques, le tout sous la menace constante de leurs ravisseurs.

À l’issue des investigations, les nommés Youssouf Camara, Sékou Touré et Moussa Traoré, alias Lasso, ont été formellement identifiés comme les principaux suspects. Ils sont poursuivis pour enlèvement, séquestration, viol, et détention illégale d’équipements militaires.

 

 

Interrogée par la presse, Saran Sidibé a raconté avoir été piégée via les réseaux sociaux

« J’ai connu Youssouf Camara sur Facebook. Il m’a promis de m’aider à voyager aux États-Unis. Un jour, il m’a appelée, je l’ai rejoint, et nous sommes partis à Dubréka. Là-bas, je ne mangeais qu’une seule fois par jour, vers 19 heures, et il y avait d’autres filles avec lui. »

De son côté, Youssouf Camara a tenté de se justifier

« Tout ce que j’ai fait, c’était avec son accord. C’est elle qui m’a demandé de retirer la puce de son téléphone. J’étais au Mali, et je suis venu à Conakry sur son invitation. Ensemble, nous avons décidé de demander de l’argent à ses parents. Si elle nie aujourd’hui, seul Dieu peut juger. »

L’enquête se poursuit afin d’établir l’ensemble des responsabilités et de démanteler tout éventuel réseau criminel impliqué dans cette affaire.

 

 

Par Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com