En 100 jours, Donald Trump a entraîné l’Amérique et le monde dans son orbite chaotique. Désormais entouré exclusivement de fidèles dévoués, le président américain laisse depuis le 20 janvier libre cours à toutes ses impulsions en matière de droits de douane, de politique extérieure, de revanche politique. RFI consacre une journée spéciale à cette étape symbolique de son second mandat.
C’est un « come-back » tempétueux. Si le premier mandat de Donald Trump nous avait habitués à l’imprévisibilité, depuis le 20 janvier dernier, pas un jour ne s’est écoulé sans que le locataire de la Maison Blanche ne sature unilatéralement l’agenda. Il décrète à tout-va, multiplie les annonces suivies de contre-annonces, les volte-face, les provocations, quotidiennement. Son homologue ukrainien est un « dictateur », lance-t-il. Puis il ne s’en souvient pas, ça l’étonne, et ça fait parler encore.
En 2017, il donnait l’impression d’avoir été surpris. Cette fois, fort du vote populaire, le président américain a troqué l’impréparation contre une stratégie désinhibée de rouleau-compresseur, sans se départir de sa mauvaise foi légendaire et entouré de personnalités à sa main.
Finis, les garde-fous de « l’establishment » ou de « l’État profond ». L’heure est à la controverse. À l’Éducation : l’ancienne patronne du catch. À la Défense : un présentateur de Fox News. À la Santé : Robert Kennedy Jr, dont les positions sur les questions sanitaires ont fait polémique. Au « département de l’Efficacité gouvernementale » : Elon Musk, milliardaire de la tech qui voulait liquider la fonction publique.
L’efficacité gouvernementale n’empêche pas les ratés. Un beau jour, Donald Trump a jugé scandaleux que l’équipe précédente ait alloué 50 millions de dollars pour acheter des préservatifs utilisés à Gaza. Puis, on s’est rendu compte qu’il s’agissait non pas de l’enclave palestinienne, mais d’une province du Mozambique.
L’heure est à l’application du « projet 2025 », issu de l’ultra-conservatrice Heritage Foundation ; l’heure est au bureau de la foi, au réveil contre les excès du « wokisme », contre les transgenres accusés de vouloir convertir des enfants, et contre ceux qui vivent, selon la nouvelle administration, aux crochets de l’État fédéral, souvent étrangers ou à l’étranger, profiteurs sinon pire, dans le cas de celui qui arrive du mur, à la frontière du Mexique.
Le républicain laisse déjà entendre à qui veut qu’il rempilerait bien pour un troisième mandat. Alors au local, la résistance s’organise. L’université d’Harvard, à qui l’administration Trump a coupé deux milliards de subventions, défend la discrimination positive autant que le mérite. La justice goûte peu aux nouveaux droits de douane ou aux nouvelles expulsions.
Mais la répression frappe aussi, en témoigne l’inculpation la semaine dernière d’une juge, accusée d’entrave face à l’arrestation d’un migrant. Des manifestations dans les villes éclatent, tandis qu’à l’approche des élections de mi-mandat, les enquêtes d’opinion reflètent la fluctuation sur les marchés et les craintes d’inflation.
Après la défaite, la tétanie a frappé les démocrates. Kamala Harris a disparu. Barack Obama attend peut-être de pouvoir parler en privé avec son successeur, ce dernier n’hésiterait pas à le prétendre. Joe Biden, lui, est sorti du silence, mais il ne sera parvenu qu’à confirmer, aux yeux du rival, qu’il n’avait plus l’éloquence d’antan.
Lerenifleur224.com avec RFI