Symposium : le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme rend un vibrant hommage à Fodé Kanté

La Cour d’Appel de Conakry a servi de cadre au symposium poignant ce vendredi, organisé en mémoire de Fodé Kanté, président de la Cour des Comptes, décédé le 29 mars dernier à Paris. La cérémonie s’est déroulée en présence de figures marquantes des institutions républicaines, de membres du gouvernement, de magistrats, de représentants des associations et auxiliaires de justice, ainsi que de la famille et de nombreux proches du défunt, dont la dépouille avait été accueillie la veille à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré.

 

C’est un Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, El hadj Yaya Kairaba Kaba, visiblement ému, qui a pris la parole pour rendre un ultime hommage à celui qu’il considérait comme un collaborateur précieux et un ami de longue date.

 

 

« C’est avec le cœur chargé d’émotion que je prends ainsi la parole pour rendre un dernier hommage à notre regretté Fodé Kanté, un homme dont la vie a été un engagement constant au service de la justice et de l’État de droit », a déclaré le ministre Kaba d’une voix grave. Il a salué la mémoire d’un « homme d’honneur et de rigueur » qui a profondément marqué le ministère de la Justice et dont l’héritage, il en est convaincu, « laisse derrière lui une trace indélébile qui lui survivra».
Le Garde des Sceaux a ensuite souligné l’impact de la disparition de Fodé Kanté, citant Nelson Mandela
« Ce qui compte dans la vie, ce n’est pas le simple fait d’avoir vécu. C’est la différence que nous avons faite dans la vie des autres. » Pour El hadj Yaya Kairaba Kaba, la « droiture et le sens élevé de la justice » de Fodé Kanté ont marqué durablement les institutions et les esprits, rendant son passage sur terre « loin d’être vain ».
Il a retracé le parcours professionnel exemplaire du défunt, diplômé de l’École nationale d’administration et de magistrature de Dakar, qui a servi avec rigueur et éthique dans différentes juridictions, du Tribunal de Première Instance de Labé à la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage d’Abidjan. Sa nomination à la tête de la Cour des Comptes en janvier 2024 n’avait pas été perçue comme une consécration, mais comme une « responsabilité supplémentaire à assumer avec humilité », a précisé le ministre, citant Kofi Annan
« La grandeur d’un homme ne réside pas dans le poste qu’il occupe, mais dans la manière dont il l’habite. »
El hadj Yaya Kairaba Kaba a mis en lumière la vision de Fodé Kanté pour une justice financière « forte, indépendante, au service de la transparence et de la bonne gouvernance », rappelant sa conviction que « le respect de la chose publique commence par l’exemplarité de ceux qui en sont les gardiens ».
« Je tiens à souligner, avec gravité et émotion, que Fodé Kanté était un proche collaborateur et au-delà un ami que je connais depuis de longues années. Sa disparition dépasse ainsi le cadre purement institutionnel : elle est une perte intime, douloureuse, une blessure dans mon cœur et dans notre histoire professionnelle commune », a confié le ministre, la voix empreinte de tristesse.
Il a conclu son discours en assurant que « son œuvre, son sens du devoir, son intégrité resteront à jamais un repère pour les générations futures », citant le juge Giovanni Falcone

 

 

« Les hommes passent, les idées restent et continuent à marcher sur les jambes d’autres hommes. Fodé Kanté nous a légué ses idées. À nous de continuer le chemin. »
Au nom du Président de la République, du Premier Ministre, du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme et en son nom personnel, Elhadj Yaya Kairaba Kaba a adressé ses condoléances les plus attristées et sincères à la famille de feu Fodé Kanté, à ses collègues et à ses proches, souhaitant que

« le Tout-Puissant Allah l’accueille en Sa miséricorde et lui accorde le repos éternel ». Il a terminé par un vibrant : « Repose en paix, cher Fodé Kanté. Que ton œuvre perdure et continue d’inspirer la justice. »
Ce symposium a permis de mesurer l’étendue de l’estime et du respect qu’inspirait Fodé Kanté au sein de la communauté juridique et au-delà. Son engagement pour une justice intègre et au service de la nation restera un exemple marquant pour la Guinée. Le magistrat part laissant derrière lui deux veuves et dix enfants et il sera inhumé ce vendredi après la prière de 14 heures à Tombolia dans la commune du même nom.

 

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