Lancement des examens de sortie au Centre de Formation Judiciaire : 200 futurs acteurs de la justice sur la ligne de départ

Le Centre de Formation Judiciaire (CFJ) a vibré ce jeudi à l’occasion du lancement officiel des épreuves de l’examen de sortie pour 100 auditeurs de justice et 100 élèves greffiers. La cérémonie, empreinte de solennité, a été coprésidée par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Yaya Kairaba Kaba, et le ministre du Travail et de la Fonction Publique, François Faya Bourouno, en présence de l’ensemble des acteurs de l’appareil judiciaire guinéen. Cette étape cruciale marque la fin de deux années de formation pratique intensive au sein des différentes juridictions du pays pour ces futurs professionnels de la justice.

 

 

Pour cette première journée d’examen, les auditeurs de justice planchent sur quatre matières fondamentales : le parquet, l’instruction, le siège pénal et le siège civil. De leur côté, les élèves greffiers sont évalués sur l’instruction, le siège pénal et le siège civil. Les épreuves écrites seront complétées par des soutenances orales de rapports de stage, permettant à chaque candidat de démontrer l’étendue de ses compétences acquises sur le terrain.

 

 

Dans son allocution, le ministre de la Justice, Yaya Kairaba Kaba, a chaleureusement félicité les candidats pour leur parcours, soulignant la place prépondérante qu’occupe la justice dans la vision du développement du pays, érigée en véritable « Boussole » par le président de la République depuis le 5 septembre 2021. Il a insisté sur la nécessité pour les futurs magistrats d’être « hautement qualifiés » et a rappelé que la magistrature doit être envisagée comme un « sacerdoce », un engagement au service de la justice plutôt qu’une source d’enrichissement personnel. Le ministre a également exprimé sa gratitude envers les anciens magistrats et greffiers pour leur disponibilité à encadrer les nouvelles générations.

 

Yaya Kairaba Kaba, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme

 

 

« Chers candidats, je vous adresse également au nom du département de vives félicitations pour le parcours parsemé d’obstacles que vous avez réussi à transgresser jusqu’à maintenant. Vous comprendrez que dès l’aube du 5 septembre 2021, à sa toute première adresse à son peuple, le président de la République a indiqué tout de suite la place qui est celle de la justice en la qualifiant de Boussole. J’aime le dire et le répéter souvent, ce n’est ni un slogan populiste, ni un vain mot, mais c’est la traduction d’une vision concrète dans le cadre du développement de notre pays. Alors, cette Boussole doit être guidée par des hommes hautement qualifiés. Et pour être hautement qualifiés, il faut suivre et assimiler des formations solides telles que celles que vous venez de passer. Au seuil donc de votre sortie, je vous souhaite plein succès. Je vous prie de prendre cela à bras le corps car la magistrature doit être un sacerdoce pour nous tous. On ne vient pas à la magistrature pour s’enrichir. On vient à la magistrature par conviction. J’espère que cette conviction, vos encadreurs ont su vous l’inculquer comme il le faut. Je ne saurais terminer cette adresse sans véritablement remercier les anciens, nos aînés, qui malgré le poids de l’âge, malgré le parcours qu’ils ont accompli, malgré leur réalisation dans ce pays, sont disponibles. Je prie Dieu de leur conserver la santé et de toujours leur donner la force de nous encadrer, de vous encadrer. Ces aînés, ils sont là, qu’ils reçoivent ici ma parfaite et totale reconnaissance. Les formateurs, ces magistrats, ces greffiers qui sortent aujourd’hui, sont vos aînés. Ils sont vos produits. Et je sais qu’avec vous, ils ont été à bonne école. Je ne souhaite pas qu’un seul parmi eux aille dans le sens contraire de ce que vous leur avez inculqué comme connaissance. Et enfin, au nom du Président de la République, au nom du chef du gouvernement, au nom de l’ensemble des membres du gouvernement, à mes côtés ici, le ministre du Travail. Nous vous souhaitons plein succès dans l’examen de sortie. Je vous remercie pour l’attention. »

De son côté, le ministre du Travail et de la Fonction Publique, François Faya Bourouno, a mis en lumière l’honneur de s’adresser à un public aussi prestigieux, saluant la réussite des candidats au concours d’entrée et leur abnégation durant leur formation. Il a souligné l’importance de cet examen pour l’obtention du statut tant convoité de magistrat ou de greffier, les invitant à faire preuve de « courage, de détermination et de concentration ».

 

François Faya Bourouno, ministre du Travail et de la Fonction Publique

 

 

« C’est un honneur pour moi de prendre la parole devant ces prestigieux publics. Comme vous l’avez dit, il y a un long parcours qu’ils ont eu à réaliser. En un des mois, ils ont suivi des formations. Et cette formation doit être couronnée par un examen qui va leur permettre d’être revêtus par un statut qu’ils cherchent et qu’ils ont cherché. Je voudrais ici vous féliciter, chers auditeurs, pour votre réussite déjà au concours pour intégrer ce parcours. Je sais que vous n’avez pas été sélectionnés au hasard. C’est à l’issue d’un concours que vous avez été sélectionnés. Félicitations pour cela. Vous avez également passé des mois de formation. Je voudrais aussi vous féliciter, vous remercier pour cette abnégation, pour votre investissement et votre intérêt très manifesté pour choisir de servir cette belle maison. La carrière de magistrat est aussi prestigieuse. Dans quelques mois, certains parmi vous souhaiteraient même que ce soit la totalité de ce public qui accepte ce statut de magistrat ou de greffier, comme vous le voulez. Je voudrais à cette occasion vous inviter à plus de courage, de détermination et de concentration pour faire en sorte que cet investissement réalisé durant des mois puisse être couronné par un succès. C’est à ce titre que je vais vous souhaiter bonne chance. Excellente chance pour votre réussite à ce concours. Nous sommes à un tournant très décisif, marqué par le rajeunissement de notre administration publique. Le rajeunissement de l’administration judiciaire est un enjeu majeur. Nous sommes aussi à un tournant majeur, marqué, par la satisfaction des besoins en termes de personnel dans nos tribunaux, dans nos différentes organisations judiciaires du pays, en termes de magistrats, de greffiers. Les défis sont énormes pour combler ces déficits. Donc face à ces tournants, nous sommes interpellés. Nous savons que même si on prévient tout cet effectif, le besoin ne sera pas couvert. C’est un engagement que nous allons continuer, à manifester, et nous continuerons à travailler pour faire en sorte que ces besoins soient couverts. A l’issue de ce concours, ceux qui seront recrutés, je pense que suivront aussi des parcours de formation pour faire en sorte que nous puissions professionnaliser les jeunes magistrats, les jeunes greffiers. Je voudrais donc remercier tous les acteurs qui ont contribué au succès de ce parcours, au succès de ce projet. »

Le Directeur Général du Centre de Formation Judiciaire, Alhassane Naby Camara, a rappelé que cet examen de sortie est un « passage obligé » pour accéder aux fonctions de magistrat et de greffier titulaires. Il a précisé que les épreuves seront sanctionnées par un classement déterminant le rang de chaque candidat et que les épreuves orales porteront sur la défense des rapports de stage, fruit d’une immersion pratique dans divers services judiciaires, pénitentiaires, d’enquête et au sein de cabinets d’avocats. Les jurys seront composés de professionnels expérimentés, y compris d’anciens hauts magistrats et greffiers.

 

Alhassane Naby Camara, Directeur Général du Centre de Formation Judiciaire

 

« Nous sommes là aujourd’hui pour couronner la formation de 100 auditeurs de justice et de 100 élèves greffiers. Et ce couronnement-là s’appelle l’examen de sortie. C’est le passage obligé pour tout magistrat avant de devenir magistrat titulaire et pour tout greffier avant de devenir greffier titulaire. Donc c’est cette cérémonie de lancement-là qui nous a réunis aujourd’hui, qui a réuni deux éminents ministres, notamment le ministre de la fonction publique et le ministre de la justice, pour que ces candidats-là sachent l’importance d’un examen de sortie. Parce qu’après aujourd’hui et demain, c’est sous deux jours, et ça sera sanctionné par un classement qui va déterminer le rang de chaque candidat. De chaque candidat magistrat et de chaque candidat greffier (…) Et des stages complémentaires dans les services pénitentiaires, dans les services d’enquête, je veux parler de la police et de la gendarmerie, dans les cabinets d’avocats. Donc c’est tout cela réuni qui va constituer le rapport du stage pratique. Chacun viendra défendre son rapport de stage devant un jury composé de professionnels de part et d’autre. Je veux parler pour les magistrats, c’est des magistrats, des éminents magistrats, y compris certains hauts magistrats à la retraite. Et pour les greffiers, c’est aussi avec les greffiers, y compris certains greffiers à la retraite. »

 

 

Le lancement de ces examens de sortie marque une étape décisive dans le parcours de ces 200 jeunes aspirants à la magistrature et à la fonction de greffier. Leur réussite à ces épreuves ouvrira la voie à une nouvelle génération de professionnels engagés, appelés à jouer un rôle essentiel dans le renforcement de l’état de droit et l’amélioration de l’administration de la justice en Guinée. Les messages de motivation et les conseils prodigués par les autorités présentes témoignent de l’importance accordée à la formation de ces futurs piliers du système judiciaire.

 

 

Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com