Engagé et brillant, le journaliste Habib Marouane est une personnalité au talent respecté, tant dans l’audiovisuel que dans l’écriture (presse en ligne). Cet homme, au manteau journalistique, force l’admiration de ceux qui suivent son travail au quotidien. Cela fait désormais plusieurs semaines que ses nombreux lecteurs, auditeurs et téléspectateurs ne le voient ni ne l’entendent plus. Une tristesse qui continue de hanter ses fans et les partisans de la démocratie en Guinée.
Cette voix grave à l’antenne, souvent pleine de révélations, satisfaisait la curiosité de ceux et celles qui le suivaient, tout au long de la journée, sur les différents médias pour lesquels le natif de Dinguiraye exerçait. Aujourd’hui, ses proches et ses admirateurs sont dans l’angoisse et l’interrogation. Sa parole était-elle trop dérangeante pour ceux qui l’ont fait disparaître de l’espace médiatique guinéen ?
L’homme n’est-il pas justiciable, pour que la procédure juridique soit activée et qu’on évite ainsi cet émoi au sein de sa famille, parmi ses proches, et même chez certains Guinéens ? Habib Marouane, c’est une voix, c’est une plume. Mais n’oublions pas que c’est aussi un père de famille, dont les enfants s’agrippent, pour l’instant, à leur jeune maman, dont l’un des nourrissons a été récemment baptisé.
J’imagine la douleur de son épouse en cette période de Ramadan, où chaque mari se précipite pour rompre le jeûne à la maison, alors que son mari, journaliste, n’est pas là. J’oubliais aussi la souffrance des nounous, dans cette attente interminable.
Il faut surtout rappeler à ceux qui font semblant d’oublier le troisième mandat d’Alpha Condé, que ce journaliste faisait partie de l’équipe d’Africa 2015 sur la radio Nostalgie, qui a choisi le pays plutôt que de se laisser entraîner par la corruption des faucons du régime de l’époque.
Mais, en Guinée, malheureusement, certains prêchent pour leur propre chapelle. Cependant, malgré tout, la Guinée possède encore de précieuses ressources humaines, des valeurs sûres. Me Mohamed Traoré, qui a jeté l’éponge au CNT après son mandat, et tant d’autres anonymes, dans divers domaines à l’échelle nationale, en sont des exemples.
Faisons l’amour à la Guinée. Mais, en cette période de grande sainteté, allons en masse dans les mosquées et les églises du pays pour implorer la grâce divine, afin qu’Il pardonne nos péchés collectifs qui entravent le décollage de ce beau pays vers le développement (la haine, la trahison et l’injustice). Prions aussi pour nos concitoyens égarés, devenus démagogues, qui soutiennent chaque régime qui émerge au sommet.
Nous aimons tous cette nation, cette République, ce tricolore qui est le rouge, le jaune et le vert. Habib, où es-tu ? Réponds au moins à ta femme et à tes enfants !
Mathé Bah, un frère et un ancien collègue !