Véhicules made in Guinea : L’implantation d’une usine automobile suscite des réactions mitigées chez les revendeurs
Le vendredi dernier, le gouvernement de transition guinéen a officiellement lancé, lors d’une cérémonie à l’Esplanade du Palais du Peuple, l’installation d’une entreprise d’assemblage de véhicules en République de Guinée. À cette occasion, plusieurs modèles, dont des camions, des véhicules personnels et des taxis de transport de marque Nimba, ont été présentés au public.

Si cette initiative est bien accueillie par une partie de la population, elle suscite des inquiétudes chez certains vendeurs de véhicules importés. Ces derniers estiment que cette usine risque de « déstabiliser leur business ».

« Il y a trop de choses à faire en Guinée. Le président devrait se concentrer sur d’autres priorités comme le bitumage des routes, au lieu de se lancer dans cette affaire de véhicules. Sinon, cela risque de nous mettre en difficulté », s’inquiète Amara Fofana, vendeur de véhicules importés à Bruxelles.
Toutefois, d’autres commerçants se montrent plus mesurés. Aboubacar Fofana, vendeur de véhicules à la Tannerie, commune de Matoto, pense que l’initiative pourrait être bénéfique, à condition que certaines questions soient prises en compte

« C’est une bonne chose d’avoir une usine de montage de véhicules en Guinée, mais combien de Guinéens peuvent se permettre d’acheter un véhicule neuf, surtout un camion ? Et dans quel état sont nos routes ? Ces paramètres doivent être étudiés avant de se lancer », souligne-t-il.
L’usine automobile, qui prévoit de produire 1 300 véhicules en 2025, dont 800 camions et 500 véhicules électriques, marque un tournant dans l’industrialisation du pays. Cependant, son impact sur l’économie locale, notamment sur le marché des véhicules importés, reste à évaluer.

Face aux préoccupations des vendeurs, le gouvernement devra rassurer les acteurs du secteur tout en poursuivant ses ambitions industrielles. Cette initiative représente un pari audacieux pour l’avenir du pays, mais sa réussite dépendra de la prise en compte des réalités économiques et des infrastructures existantes.
Par Morikè Kaba, pour lerenifleur224.com