Lutte contre la corruption en Guinée : Amadou Oury Bah annonce des réformes drastiques

Lors de son passage à l’émission « On fait le point » diffusée sur les ondes de la Radio Télévision Guinéenne, le Premier ministre de la transition, Amadou Oury Bah, s’est exprimé sur les détournements de fonds publics qui gangrènent le pays. Il a annoncé des mesures strictes pour contrer ce fléau et redresser la gestion des ressources nationales.

Pour Amadou Oury Bah, le retard de la Guinée n’est pas imputable à des facteurs extérieurs, mais bien à des pratiques internes. Il déclare

« Ce sont des enfants de ce pays qui sont en train de sacrifier ce pays. Ce qui était hier n’est plus aujourd’hui et ne le sera pas demain. La nécessité absolue de gérer avec responsabilité le patrimoine national s’impose. Des mesures plus systématiques vont être mises en place, notamment la déclaration obligatoire du patrimoine pour tous les responsables. Nous allons surveiller de près leur travail et intervenir en cas de défaillance. »

Le Premier ministre a particulièrement insisté sur la nécessité de mettre fin au laxisme qui a permis à certaines pratiques de prospérer. Lors du dernier conseil des ministres, il a demandé un audit complet du portefeuille de l’État, notamment des entreprises où l’État détient une participation.

« Il y a des sociétés qui existent depuis des décennies. La question est de savoir ce qu’elles rapportent réellement à la nation. Nous allons systématiquement vérifier leur situation et prendre des mesures pour réformer en profondeur leur gestion. »

Concernant l’Office Guinéen de Publicité (OGP), Amadou Oury Bah n’a pas mâché ses mots, qualifiant la situation actuelle de «catastrophe ». Il a salué la nomination d’une nouvelle direction comme un premier pas vers une refonte complète.

« Toutes les sociétés où l’État est impliqué seront désormais soumises à une rigueur accrue, y compris leurs conseils d’administration. Si une entreprise fait faillite, sa direction et son conseil d’administration seront tenus responsables.»

Le Premier ministre a également annoncé la convocation prochaine de tous les organes de contrôle de l’État pour leur rappeler leurs responsabilités

« Nous ne pouvons plus tolérer que les ressources publiques soient dilapidées. Ce serait une insulte à la collectivité. Chaque franc dépensé doit être justifié.>>

La déclaration d’Amadou Oury Bah marque un tournant dans la gouvernance publique en Guinée. Les réformes annoncées visent à responsabiliser davantage les dirigeants et à instaurer une gestion transparente des biens publics. Si elles sont effectivement mises en œuvre, ces mesures pourraient ouvrir la voie à une nouvelle ère, où la lutte contre la corruption ne sera plus un simple slogan, mais une réalité tangible pour le développement du pays.

 

Aminata Camara, pour lerenifleur224.com