Abritant la première usine de transformation d’alumine en Guinée, la préfecture de Fria est aujourd’hui l’une des villes les plus polluées du pays. Une simple observation visuelle permet de constater la propagation de débris d’alumine dans l’air, se déposant en quantité sur les objets exposés à l’extérieur. À cela s’ajoute la dégradation avancée des routes, qui accentue la poussière ambiante et contribue à l’aggravation des problèmes de santé de la population locale.

Interrogés par la rédaction de Lerenifleur224.com, de nombreux habitants ont dénoncé cette situation environnementale critique qui, selon eux, persiste dans l’indifférence des autorités.
« La poudre d’alumine, c’est une réalité. Cela cause beaucoup de problèmes, surtout du côté de la santé. Les gens sont vraiment malades à Fria. Moi-même, j’ai eu une infection aux yeux à cause de cette pollution, et ma fille a failli perdre la vie. Les enfants se lèvent avec les yeux collés, et la toux est devenue un problème constant », confie une résidente de la ville, visiblement exaspérée.
À ce problème environnemental s’ajoutent d’autres difficultés majeures, notamment le mauvais état des routes.
« Vous savez, Fria n’est pas goudronnée. En plus de la poudre d’alumine, il y a la poussière. Nous vivons dans une pollution totale », poursuit-elle.

Outre la pollution, les habitants de Fria doivent composer avec un accès limité à des services essentiels comme l’électricité et l’eau potable.
« L’électricité est un vrai calvaire ici. On a souvent du courant à très basse tension, rarement au niveau requis de 220 volts. Cela endommage nos appareils électroménagers, même les survolteurs tombent en panne régulièrement. Malgré les multiples plaintes, rien n’est fait », déplore une autre habitante.
Concernant l’eau, la situation n’est guère meilleure.
« Avant, à Fria, nous n’avions jamais connu de problèmes d’eau. Aujourd’hui, il faut creuser des forages, mais tout le monde n’en a pas les moyens. Nous demandons que l’État remplace les anciens tuyaux pour rétablir l’approvisionnement en eau pour tous », lance une mère de famille, les yeux pleins d’espoir.
Les habitants de Fria, victimes de pollution et confrontés à un accès limité aux services de base, continuent de souffrir dans une quasi-indifférence. Leur cri de cœur est une interpellation directe à l’État guinéen et à toutes les parties concernées. Ces citoyens appellent à des mesures urgentes pour restaurer un environnement sain et améliorer leurs conditions de vie. Reste à savoir si cet appel à l’aide trouvera une réponse, ou si Fria continuera à porter seule le poids de son lourd héritage industriel.
Par Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com