Lutte contre les violences et le harcèlement en milieu de travail : le plaidoyer des femmes après les 16 jours d’activisme

Plusieurs femmes leaders, membres du Conseil national de la transition, responsables syndicales et associatives, se sont réunies ce mercredi 18 décembre dans la salle du 28 septembre au Palais du Peuple. Cette rencontre, organisée par la Fondation Solidarité Féminine, s’inscrivait dans le cadre de la clôture des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre.

 

 

Avec des slogans tels que « Femmes de Guinée, nous devons être ensemble », les participantes ont exprimé une détermination ferme à lutter contre les violences subies par les femmes, souvent contraintes au silence pour diverses raisons.

L’Honorable Maïmouna Yombouno, présidente de la Fondation Solidarité Féminine et vice-présidente du Conseil national de la transition, a rappelé les défis multiples auxquels les femmes font face

 

 

« Chaque jour, nous parlons des mariages précoces, des mutilations génitales, des violences conjugales, des grossesses en milieu scolaire et des cas de viol. Mais nous passons souvent sous silence d’autres formes de violences, comme le harcèlement, les violences sexistes et les stéréotypes auxquels les femmes et filles sont confrontées dans les administrations. Elles ont peur de parler, peur de dénoncer. Pourtant, ces violences entravent souvent leur parcours professionnel. » A fait remarquer la vice-présidente du CNT .Elle a lancé un appel à une mobilisation continue pour dire un «stop » catégorique à ces abus.

Lors de cette rencontre, la Confédération des femmes syndicalistes a profité de l’occasion pour présenter leur projet de loi visant à ratifier la Convention 190 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), qui lutte contre les violences et le harcèlement en milieu de travail.

Sophie Daniel Kourouma, membre de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée, a exprimé sa satisfaction

 

 

« Nous avons atteint un objectif en portant ce plaidoyer devant le CNT, une institution législative. Depuis plusieurs années, nous militons pour que cette convention soit ratifiée, car elle est essentielle pour protéger les femmes et hommes contre les abus en milieu professionnel. »

Mohamed Aly Éric Thiam, président de la commission des lois au CNT, a pour sa part souligné l’importance de briser le silence

« On ne peut pas mettre fin à une situation délétère par le silence. Il faut en parler de manière vigoureuse. »

Les femmes syndicalistes repartent confiantes, espérant que leur plaidoyer portera ses fruits et que la loi sur la ratification de la Convention 190 sera adoptée prochainement.

Cette journée de plaidoyer marque une étape importante dans la lutte contre les violences faites aux femmes, particulièrement en milieu professionnel. Elle illustre la détermination des femmes leaders et militantes à obtenir des réformes concrètes pour améliorer le cadre de vie et de travail des femmes en Guinée. Si les discours sont porteurs d’espoir, les résultats attendus devront confirmer que le combat ne s’arrête pas aux paroles, mais se traduit par des actions législatives et des changements tangibles.

 

Par Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com