Retrait de licences des médias : Presse Solidaire condamne cet acte illégal, exprime sa solidarité envers les médias concernés et exige leur rétablissement. (Déclaration)

Le Ministre de l’Information et de la Communication a émis un arrêté retirant les agréments d’installation et d’exploitation des radiodiffusions et télévisions privées en Guinée, concernant Espace, FIM, Djoma et Sweet. Cette décision est motivée par “le non-respect des cahiers de charges conformément à la réglementation en vigueur en République de Guinée”, selon M. Fana Soumah.

Cette nouvelle est tombée comme un coup dur, surtout pour ces médias, à l’exception de Sweet Fm, qui étaient déjà soumis à des brouillages depuis 7 mois, impactant négativement leur fonctionnement et entraînant le chômage technique de leurs employés.

Les autorités de la transition ont déjà fait preuve d’actes liberticides à l’encontre de la presse guinéenne, notamment avec les restrictions d’accès à internet en mai et en novembre 2023, ainsi que des cas de violence et de séquestration de journalistes à la Maison de la presse pour avoir réclamé leur droit à exercer librement leur métier.

Depuis l’autorisation des journaux en 1990 jusqu’en 2021, en passant par la libéralisation des ondes, jamais la presse n’a été autant muselée en Guinée. C’est un recul démocratique impardonnable qui constitue un reniement des engagements pris le 5 septembre.

Presse Solidaire condamne cet acte illégal, exprime sa solidarité envers les médias concernés et exige leur rétablissement.

 

De plus, Presse Solidaire encourage Espace, Djoma, FIM et Sweet à ne pas abandonner et à engager une procédure judiciaire, individuelle ou collective, devant la Cour suprême pour faire valoir leurs droits.

Le CNRD devrait s’inspirer de la déclaration de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, en 1997, selon laquelle “il n’y a pas de société démocratique sans une presse libre et pluraliste”.

Cependant, il est regrettable de constater que la junte au pouvoir en Guinée s’évertue à violer la liberté de la presse. Cet énième acte liberticide doit rassembler les hommes de médias autour d’un combat commun celui de défendre et de protéger le droit d’exercer librement leur métier.

 

Conakry, le 23 mai 2024

 

 

 

La Coordination générale