Nouveau gouvernement : Quelle place pour l’éducation ? Par N’Valy Condé, le Philosophe.

Avant la formation du niveau gouvernement, il serait important de faire le bilan des ministères de l’éducation afin de corriger les erreurs du passé et capitaliser les acquis.

En Guinée, il faut le rappeler, il existe trois (3) départements en charge de l’éducation : L’Enseignement pré-universitaire ; l’Enseignement supérieur et l’Enseignement technique.

 *1-L’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation.*

Mon analyse portera sur les quatorze (14 ) dernières années : de 2010 à 2021 et de 2021 à 2024.

De 2010 à 2021, les résultats escomptés n’ont pas été atteints malgré quelques bilans positifs comme la sécurisation des diplômes du BEPC et du baccalauréat, le recrutement de plus de 25000 enseignants à la fonction publique et l’achat de tables-bacs avec le budget de souveraineté du président, 80 milliards débloqués à chaque ouverture des classes…

En 2020, l’espoir est né quand on a nommé professeur Amadou Bano Barry avec son projet de qualification du système éducatif basé sur la digitalisation du système, la formation des formateurs, l’introduction de l’anglais au primaire, la réforme des programmes d’enseignement et la lutte contre la fraude systémique à tous les niveaux notamment aux différents examens. C’est dans cette circonstance qu’on a assisté à l’avènement du 5 septembre 2021. Avec le slogan d’alors , pas de recyclage.

Ainsi, avec les autorités d’aujourd’hui, dans le cadre de l’enseignement pré-universitaire, quel bilan peut-on présenter ?

Ce qu’on peut retenir comme bilan positif, aujourd’hui, c’est la lutte contre la fuite des sujets, la digitalisation des candidatures aux différents examens, même si la plate-forme pose problème et l’organisation des examens à temps…

Toutefois, depuis plus de 2 ans , il n’y a eu aucun recrutement des enseignants à la fonction publique. Des meilleurs sont allés à la retraite forcée sans qu’ils ne soient remplacés.

Conséquences : il manque actuellement à l’éducation pré-universitaire plus de 20.000 enseignants ; 250.000 tables-bacs, de milliers de salles de classes, latrines et intrants scolaires, l’absence d’une véritable politique de gestion des écoles privées et la guerre d’intérêt opposant certaines structures syndicales de l’enseignement pré-universitaire.

 

C’est maux, entre autres , impactent négativement la qualité de l’enseignement pré-universitaire.

En substance, le régime passé a politisé l’éducation, l’actuel régime a procédé à la nomination des cadres incompétents à des postes de responsabilité tant au niveau des structures centrales de l’éducation que dans les structures déconcentrées surtout à l’enseignement pré-universitaire. Il serait donc nécessaire de les extirper pour l’obtention des résultats souhaités après la nomination d’un ministre de l’éducation qui mérite son ambition, c’est-à-dire, qui a la compétence de son ambition car quand on a pas la comptence de son ambition on devient criminel en puissance, nuisible à soi-même, à la société et au système dont on prétend servir.

 *2- l’enseignement supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation*

Contrairement à l’enseignement pré-universitaire, la ministre de l’enseignement supérieur a poursuivi les projets qu’elle a trouvé au département notamment le recensement biométrique des étudiants, l’amélioration des primes des étudiants, la signature du statut particulier des institutions d’enseignement supérieur, le décret de revalorisation des primes des enseignants chercheurs, le financement du projet de formation des formateurs etc.

Nonobstant ce bilan positif, ce qu’on pourrait dire en terme de faiblesse dans le cadre de l’enseignement supérieur, c’est l’application de l’arrêté de 2007 en lieu et place de l’arrêté de 2019 par certaines institutions, la mise à la retraite forcée de certains enseignants chercheurs qui pourraient encore servir le pays, faiblesse du taux d’accréditation des programmes de nos institutions par le CAMES et la faiblesse du taux de reconnaissance des enseignants chercheurs de la Guinée par le CAMES.

Mais avec l’ANAQ, ces problèmes seront-ils résolus ?

 *3-L’enseignement technique et professionnel.*

Le problème fondamental au niveau de l’enseignement technique et professionnel a toujours été caractérisé par manque d’enseignants et de formateurs qualifiés, manque d’outils, manque de stage pratiques, manque d’infrastructures et manque d’insertion socio-professionnelle des apprenants après la formation.

SOLUTIONS PROPOSÉES

Pour la qualification du système éducatif de la Guinée, il faut lutter contre le decloisonnement des départements ministériels de l’éducation.

Donc, il serait important de créer un seul département ministériel qu’on pourrait appeler : << MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE >>.

À défaut de créer un seul département ministériel, on pourrait créer 2 départements ministériels de l’éducation à savoir :

● MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE, DE L’INNOVATION ET DE LA TECHNOLOGIE. ( MESRSITEC)

● MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT PRÉ-UNIVERSITAIRE, DE LA FORMATION TECHNIQUE ET PROFESSIONNELLE.(MEPUFTP)

Pour le bon fonctionnement de ce ou ces ministères, il serait important de :

● NOMMER DES CADRES COMPETENTS NOTAMMENT DANS LES STRUCTURES DÉCONCENTRÉES : DPE/DCE, UNIVERSITÉS ET CFP.

● CONSTRUIRE DES INFRASTRUCTURES EDUCATIVES ÉQUIPÉES.

● TROUVER DÉFINITIVEMENT SOLUTION À LA SITUATION DES ENSEIGNANTS CONTRACTUELS COMMUNAUX DE L’ÉDUCATION ET DES HOMOLOGUES DES UNIVERSITÉS.

●POURSUIVRE LE PROJET DE FORMATION DES FORMATEURS.

● RÉVISER LES PROGRAMMES SCOLAIRES EN TENANT COMPTE DES EXIGENCES DU SYSTÈME ET NOS RÉALITÉS SOCIO-ÉCONOMIQUES.

• DOTER L’ENSEIGNEMENT PRÉ-UNIVERSITAIRE D’UN STATUT PARTICULIER ET STATUER SUR LES REVENDICATIONS CATEGORIELLES DES ENSEIGNANTS DE L’ENSEIGNEMENT PRE-UNIVERSITAIRE.

● CREER L’OFFICE NATIONAL DU BACCALAURÉAT DE GUINEE.

À DÉFAUT DE CRÉER L’OFFICE, RAMENER LE CONCOURS D’ACCÈS AUX INSTITUTIONS D’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR.

MAIS POURQUOI PAS RAMENER BAC 1 et BAC 2 + LE CONCOURS D’ACCÈS AUX INSTITUTIONS D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR POUR LA QUALIFICATION DU SYSTÈME ÉDUCATIF DE NOTRE PAYS ?

L’éducation n’est pas tout mais sans elle le reste n’est rien. Sans elle la nation s’écroule. Sans elle, l’économie chute . Sans elle , la santé se détériore…

 

N’Valy Condé, le Philosophe.