Rapport accablant de HRW pour l’armée burkinabè autour d’attaques de drones sur des civils

Selon un document de l’ONG Human Rights Watch (HRW) publié hier, jeudi 25 janvier 2024, au moins 60 civils ont été tués dans des frappes militaires présentées par le gouvernement de transition comme ciblant des combattants jihadistes.

Entre août et novembre 2023, trois attaques aériennes sur Bouro, Bidi et Boulkessi, au nord du Burkina Faso ont semé la désolation sur des marchés ou lors d’une cérémonie funéraire. Or, selon les témoignages recueillis par l’ONG Human Rights Watch, les victimes n’étaient nullement des terroristes.

Au-delà de ces dénonciations, l’auteur du rapport, la chercheuse IIaria Allegrozzi, interrogée par Frédéric Garat, déplore le désintérêt général de la communauté internationale pour ce qui se passe dans cette région du Sahel et assure que les pays qui continuent de collaborer avec la junte militaire ont une responsabilité à assumer: «Le Burkina Faso est aujourd’hui l’épicentre du conflit de la violence au Sahel et ne fait pas la Une des gros titres.»

«Attirer l’attention»
«C’est une crise, dit-elle, un conflit complètement négligé par la communauté internationale. C’est une crise vraiment oubliée. Il est extrêmement important d’attirer l’attention sur ces conflits en demandant aux partenaires internationaux du Burkina Faso de dénoncer une telle situation, de dénoncer les exactions commises par les forces de sécurité. Il a une responsabilité pour les gouvernements qui ont une coopération militaire avec le Burkina Faso.»

«Je pense d’ailleurs aux États-Unis, pointe aussi IIaria Allegrozzi, parce qu’il y a encore une partie de l’aide américaine qui va toujours au Burkina Faso. Mais en vertu de la loi américaine, les États-Unis devraient vraiment déterminer si des violations des droits humains par des membres de la junte burkinabè se produisent et si l’aide fournie respecte la loi américaine.»

 

Avec rfi