TPI de Mafanco: Les avocats de la partie civile brillent  »délibérément » par leur absence, le juge obligé de renvoyer l’audience en dépit de l’opposition des avocats de la défense

Le procès des bourreaux de M’Mah Sylla s’est poursuivi ce vendredi 3 mars 2023 devant le tribunal de première instance de Mafanco. Cette audience devait être consacrée à la phase des réquisitions et plaidoiries. Aussitôt ouverte, le juge Souleymane 1 Traoré a sollicité le renvoi de l’audience en raison de l’absence des avocats de la partie civile. Une demande qui a ouvert un débat houleux entre le tribunal et la défense dont certains avocats ont à leur tour sollicité la mise en liberté provisoire de leurs clients jusqu’à l’audience prochaine. Après près d’une heure de débats, le juge a renvoyé l’audience au 17 mars 2023 et rejeté la demande de mise en liberté provisoire des accusés.

À l’ouverture de l’audience de ce vendredi 3 mars, les avocats de la partie civile ont à nouveau brillé par leur absence comme lors de la dernière audience. Pour le ministère public, la phase des réquisitions et plaidoiries nécessite la présence des avocats de la partie civile afin de respecter le principe des débats contradictoires. Après ce constat, le président du tribunal a sollicité le renvoi de ladite audience. Une demande à laquelle certains conseils de la défense se sont fermement opposés.

En réplique, à tour de rôle les avocats de la défense ont laissé entendre que l’absence injustifiée des avocats de la partie civile ne devrait pas être le motif du renvoi de l’audience à un stade aussi important du procès.

Autre raison de leur opposition à cet éventuel renvoi, c’est la détention des accusés depuis plus d’une année, qui ne cessent d’attendre de façon désespérée le verdict final du tribunal. Par conséquent, ils accepteraient ce renvoi à condition qu’une liberté provisoire soit accordée à leurs clients accompagnée d’un contrôle judiciaire jusqu’à la reprise des débats.

D’autres avocats de la défense ont par contre sollicité le renvoi afin de se mettre en rapport avec la principale avocate de la partie civile Me Halimatou Camara

Cependant, Concernant la demande de mise en liberté provisoire des accusés, elle a été rejetée par le tribunal et le ministère public.

L’avocat de l’accusé Daniel Lamah n’a pas manqué d’exprimer son mécontentement face à cet état de fait avant de qualifier cette absence injustifiée d’une méthode pour ces avocats de prolonger la souffrance de leurs clients. Me Pépé Kolié a tout de même accepté malgré lui la décision finale du tribunal.

Il faut rappeler que Patrice Lamah, Daniel Lamah, Sébory Cissé et Célestin Millimono sont accusés pour des faits de viol, avortement, risque causé à autrui et administration de substance nuisible. Ils sont incarcérés à la maison centrale de Conakry excepté Célestin Millimono qui reste toujours en cavale.



Nagnouma Sanoh, pour Lerenifleur224.com